30.01.2012
Quand tout est trop compliqué, le mieux est d'en parler !
« Tout cela est bien compliqué » entend-on chaque jour davantage. Qu’est-ce qui n’est pas compliqué, aujourd’hui, d’ailleurs ?
L’hyperspécialisation engendrée par une réalité complexe
Nous vivons dans un monde d’ultra-spécialisation, dans lequel chaque domaine - de plus en plus pointu - est pourtant toujours plus étroitement imbriqué dans nombre d’autres, tout aussi spécialisés. La maîtrise des assurances sociales ne peut se passer de celle de la finance pour garantir leur solvabilité à moyen et long terme ; pour ne citer que l’exemple que m’inspirent les liens figurant ci-dessous.
Ce constat, appelons-le « l’interdépendance des spécialités », est valable dans tous les domaines. A titre d’exemple, citons encore la fiscalité qui s’imbrique dans tous les domaines de la vie économique, ou encore le droit, dont la fonction est - ni plus ni moins - de régir la quasi-intégralité des rapports humains dans une société donnée.
Ce constat est confirmé sur le marché du travail qui valorise à outrance l’hyperspécialisation au détriment de connaissances générales et variés. On pourrait y voir l’expression d’une volonté « occulte » tendant à cloisonner les connaissances, à les enfermer dans des mini-sphères de compétences indépendantes les unes des autres, aux fins d’obscurcir une hypothétique vision d’ensemble du monde. J’y vois davantage une contingence malheureuse découlant du développement de notre espèce.
Un phénomène humain inévitable… et mal maîtrisé
L’Humanité dans son ensemble est, en effet, mue par un besoin sans cesse renouvelé d’explorer la réalité, de concevoir des outils permettant d’en appréhender les aspects les plus pointus, tout en étant limité par sa capacité d’apprentissage, de compréhension individuelle. La réalité « connue » est aujourd’hui devenue si complexe qu’il est inconcevable pour une seule personne d’en maîtriser plus d’un aspect.
Je ne sais pas vous, mais pour ma part, je suis incapable de saisir les multiples subtilités des articles que j’ai absorbés ce matin ; et ce en dépit d’une (longue et relativement pointue) formation académique : trop d’expressions consacrées, trop de liens invisibles… Voila pourtant la gageure à laquelle nous souhaiterions, à tout le moins inconsciemment, astreindre nos dirigeants : tout savoir et tout résoudre.
Nous aimerions voir un ministre de l’économie se préoccuper des conséquences psychologiques sur la population des dérives de la finance et en tirer des solutions viables. Nous souhaiterions que l’impact d’une réforme de la fiscalité sur le pouvoir d’achat des classes moyennes nous soit expliqué de manière compréhensible ET scientifique. Nous attendons que nos dirigeants nous livrent d’une même voix leurs idées de réformes et nous expliquent pourquoi elles sont « bonnes » pour nous.
Or, en lieu et place de ces explications, nous devons nous contenter d’une cacophonie d’avis divergents, d’un chaos d’arguments « scientifiques » (mais non moins opposés), d’une mosaïque de statistiques plus ou moins orientées. Ces données sont parfois si complexes et utilisées de manière si contradictoire que même pour les plus avisés d’entre nous, il est devenu impossible d’en concevoir une finalité commune ou à tout le moins de comprendre à qui ils s’adressent, quels intérêts ils défendent.
Privés de boussole, nous attendons… la lumière
Notre incompréhension, bien compréhensible, se mue alors inévitablement en méfiance, voire en défiance à l’égard de ceux qui nous dirigent, englobés dans une brumeuse et anonyme « classe dirigeante ». En effet, notre bon sens n’est aujourd’hui plus guère suffisant pour appréhender les tenants et aboutissants de telle ou telle problématique, de telle ou telle solution.
Or, lorsque le bon sens ne suffit plus à appréhender les enjeux complexes de la réalité et faute d’explications adéquates, il cède la place à l’irrationalité, dont les expressions les plus dangereuses sont la peur, la colère, la haine.
Face à la difficulté de s’adresser au bon sens de la population s’agissant de problématiques complexes, la politique actuelle, à défaut de parvenir à exposer de manière simple une situation complexe, semble avoir baissé les armes, exposant toujours davantage les citoyens aux discours populistes de quelques franc-tireurs qui s’adressent directement à nos travers irrationnels pour nous convaincre d’en faire nos leaders.
Deux postures s’offrent à nous : attendre un messie providentiel qui parviendra à comprendre les enjeux de notre réalité, à nous les expliciter pour enfin nous livrer des solutions équilibrées et efficaces ou, plus réaliste, ou compter sur la capacité de nos dirigeants actuels de développer une vision commune sur la base d’expertises diverses, puis de nous convaincre de leur faire confiance.
Il faudra faire sans Messie et… c’est possible !
Nous avons la chance, en Suisse, d’être gouvernés par des collèges d’élus, ce qui devrait nous faciliter cette seconde posture. Force est de constater que deux indicateurs semblent démontrer que des ajustements sont aujourd’hui nécessaires : le taux d’abstention et la défiance croissante du Peuple à l’égard des recommandations de nos exécutifs.
On pourrait se poser la question de savoir si le moment n’est pas venu de priver le peuple de son droit de se prononcer sur des objets législatifs complexes, lesquels devraient peut-être être décidés seuls par des spécialistes, un peu à l’image de la gouvernance actuelle de l’Italie et de la Grèce par des technocrates.
Cette suggestion me semble toutefois dangereuse et peu ambitieuse. Dangereuse dès lors qu’elle opacifie le pouvoir et peu ambitieuse parce qu’elle favorise le maintien de la population dans la méconnaissance des enjeux qui la concernent, plutôt que de l'élever à un seul de compréhension suffisant.
L’adaptation de notre politique aux nouveaux enjeux de notre réalité passera à mon sens par deux biais. D’une part, il convient de former davantage le citoyen à l’exercice de ses droits populaires, d’accroître sa compréhension des problématiques institutionnelles qui l’enserrent. Il est bien entendu nécessaire que le citoyen fasse également l’effort de s’y intéresser, mais cet effort doit être encouragé par l’enseignement de certaines bases, aujourd’hui largement délaissées.
D’autre part, il est urgent que nos exécutifs communiquent davantage, de concert, sur leurs opinions et la manière dont elles se sont formées. Nous devons savoir sur quelle(s) expertise(s) se fondent les recommandations qu’ils nous adressent. Cette information doit se faire non seulement au moment des votations, dans les fameuses brochures que, malheureusement, trop peu de gens lisent, mais également au quotidien, dans les médias, sur le terrain.
Nos exécutifs devraient avoir davantage les moyens (et l’envie ?) de communiquer avec nous, de nous livrer les obstacles auxquels ils font face dans le processus d’élaboration des propositions qui nous sont soumises. Ils doivent nous prouver, jour après jour, qu’ils sont capables de tirer ensemble le meilleur parti de leurs compétences individuelles spécifiques au moyen d’un « soft skill » malheureusement peu valorisé : la capacité d’admettre qu’individuellement, ils ne peuvent pas avoir raison sur tout et qu'il vaut mieux s'en expliquer que de le nier pour ensuite espérer que le citoyen comprendra.
En échange de cette modeste information, le peuple leur donnera peut-être les moyens de mieux gouverner.
Alors chers leaders, montrez-vous (littéralement) plus réalistes quant à vos limites individuelles et partisannes, mais également plus ambitieux dans votre volonté de les dépasser ensemble.
Je sais : c’est compliqué d’admettre que dans un monde complexe, seul, on n’est rien, même en dépit de nos immenses compétences spécifiques.
Bises à tous !
Inspirations :
http://letemps.ch/Page/Uuid/ba6a1a08-4ab3-11e1-a37f-11c07... – « Un corset pour les assurances sociales »
http://letemps.ch/Page/Uuid/f61bd894-4ab2-11e1-a37f-11c07... – « Les réformes doivent s’accélérer »
http://letemps.ch/Page/Uuid/ef1dbe22-4ab2-11e1-a37f-11c07... – « Profiter de la finance comportementale dans les produits à levier »
http://letemps.ch/Page/Uuid/ee68a776-4ab2-11e1-a37f-11c07... - « Infographie Test de connaissance sur les produits structurés »
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27.01.2012
Vinyle, pureté et perfection
Deux "p" pour un titre bien ronflant ! Je vous en prie, ça me fait plaisir ! Non, sérieusement, je m'inquiète de l'amalgame aussi dangereux que croissant entre ces deux "p" pourtant bien différents.
Recherche constante de pureté technique
Tout a commencé dans ma voiture en écoutant un animateur de Couleur 3 déplorer la quasi-disparition du disque vinyle au profit du CD. Il s'emouvait au souvenir du crépitement chaleureux de l'aiguille parcourant les sillons, assimilant la disparition de cette impureté sonore à un apauvrissement de l'expérience auditive.
La recherche de la pureté est en effet devenue une véritable obsession dans tous les secteurs des nouvelles technologies. Pureté de l'image, du son, du signal, mais aussi du design ou de "l'expérience utilisateur" sont devenus des arguments de vente imparables. Du reste, cette recherche est probablement l'héritage d'une industrie bien plus ancienne: la joaillerie. Une pierre ou un métal précieux ne sont jamais aussi chers que lorsqu'ils sont purs. La comparaison entre joaillerie et technologie est d'autant plus pertinente qu'on parle souvent de "bijou" pour qualifier un nouveau gadget (de préférence griffé d'une pomme croquée).
La grande confusion
Tant et si bien que, par un mimétisme que je ne m'explique pas, la recherche de la pureté s'est insinuée dans tous les domaines de la vie, jusqu'à se confondre avec cette bonne vieille quête (toujours illusoire) de la perfection, soit etymologiquement de la qualité de ce qui est fait jusqu'au bout, totalement (per fecta).
Or, je ne sais pas vous, mais en ce qui me concerne, je ne parviens pas à trouver un seul objet, une seule action dont on puisse affirmer sans le moindre contre-exemple qu'il est fait jusqu'au bout, totalement. A l'exception peut-être du simple fait de vivre... jusqu'à la mort (et ce d'où qu'elle vienne).
Par un abus de langage tout marketing, on dit néanmoins d'une image, d'un son ou d'un design qu'ils sont parfaits... jusqu'à ce que la technologie permette d'obtenir des images, un son ou un design encore meilleurs, lesquels deviennent à leur tour "parfaits", alors qu'en réalité, ils ne sont que plus purs que les précédents.
Il ne s'agit pas seulement d'une nuance anecdotique entre deux termes proches, mais en réalité d'un gouffre sémantique abusivement comblé à des fins commerciales et justifié par le besoin de fixer un prix - toujours plus élevé - aux biens qui se prévalent de davantage de pureté aux fins de se draper d'une éphémère et commerciale perfection.
Ma perfection est plus pure que la tienne qui doit disparaître !
Tout irait pour le mieux si cet abus de langage demeurait cantonné aux objets inertes, échangeables, sans déteindre sur l'humain.
Tel n'est malheureusement pas le cas, et nous sommes nombreux a fantasmer des lois, des institutions, des modes de vie, des sociétés plus pures, à la lumière d'une certaine idée de perfection, laquelle est abusivement érigée au rang d'objectif (dans tous les sens du terme). Cette quête nous semble justifiée par notre admirable (!) propention à défendre nos valeurs, le cas échéant au détrment de valeurs différentes.
On me dit que c'est le propre de la politique de procéder ainsi, qu'il s'agit d'une force admirable, que cette démarche procède d'une respectable volonté. Je ne suis pas d'accord.
Du danger de défendre la pureté en politique, sous couvert d'une certaine idée de perfection
Sur un plan politique, cela se traduit en effet (trop) souvent ainsi:
La gauche anticapitaliste voit ainsi dans l'égalitarisme cet objectif parfait (ces deux mots assemblés relevant au mieux de l'oxymore). Pour la droite libérale, il s'agit de la liberté ou encore de la responsabilité individuelle. Pour les partis nationalistes, c'est la Patrie qui joue le rôle d'objectif parfait. Pour les écologistes, c'est la Nature. Pour les conservateur, ce sont les valeurs traditionnelles.
Or, la conséquence insidieuse de cette recherche aveugle d'objectifs parfaits, distincts les uns des autres, est la volonté farouche et souvent dogmatique de leurs promoteurs d'épurer la société de tout ce qui ne leur correspond pas. Ainsi, pour la gauche anticapitaliste, il faut débarrasser la société des capitalistes. Pour la droite libérale, il faut supprimer toutes les entraves à la liberté économique. Pour les nationalistes, il faut chasser tout ce qui est étranger à la Patrie. Pour les écologistes, il faut faire fi de ce qui est artificiel. Pour les conservateurs, la nouvauté est source de perpétuelle méfiance.
La recherche de pureté en politique équivaut ainsi souvent à la traque - parfois violente - de l'impureté au motif de tendre vers une conception toute personnelle de la perfection. A l'inverse, lorsque les institutions parviennent à prévenir la violence, cette traque désormais intellectuelle, conduit à la neutralisation mutuelle des idées, au détriment de la recherche de solutions innovantes.
Et voila comment l'assimilation inconsciente de la perfection à la pureté devient, en matière politique, un risque de totalitarisme dans les Etats les moins privilégiés et d'immobilisme dans notre belle et prospère Suisse.
Politiciens et citoyens se prennent trop souvent pour des joaillers (ou pour des publicitaires d'Apple) au mépris de deux caractéristiques fondamentales de la nature humaine: l'imperfection et l'impureté.
Et à vouloir parfaire et épurer l'humain, on court le risque de le tuer. En effet, on l'a vu, la vie n'est per fecta qu'à son terme...
A défaut de prétendre à la perfection, protégons l'imprefection, assimilons l'impureté !
En conclusion de cette pompeuse tirade, j'invoquerai deux exemples bien connus et au demeurant assez bien assortis: les huitres et le champagne. Ce n'est qu'en assimilant une impureté que l'huitre produit la perle. Le champagne ne se met à pétiller qu'au contact des impuretés qui recouvrent les parois interieures du verre dans lequel il est servi.
Ce n'est pas pour autant que la perle ou le champagne seront parfaits. Ils susciteront néanmoins toujours plus de plaisir à l'issue du processus d'assimilation de l'impureté que s'ils en avaient été préservés. Baudelaire résume ce constat en trois mots: les fleurs du mal.
Cette indigeste dissertation me conduit à nous enjoindre - politiciens comme simples citoyens - à privilégier désormais de toutes nos forces la rencontre des idées à leur opposition pour, peut-être, éviter le sacrifice de notre humanité sur l'autel d'une illusoire pure perfection.
Acceptons sans culpabilité ni complaisance notre impureté, notre imperfection (et celles des autres) comme les attributs nécessaires de nos humanités. Faisons de leur rencontre une source d'enrichissement, plutôt que de tenter de les erradiquer aveuglément.
Faisons vite le deuil de la perfection et de la pureté que nous font miroiter des discours marketing bien rôdés: ce deuil vaut mieux que celui de nos humanités. Profitons de notre situation encore privilégiée en Suisse pour mettre nos ressources au service du dialogue constructif plutôt que de la lutte paralysante ! Et pour ceux qui en possèdent encore: sortez vos vieux vinyles et jouissez de leurs crépitements anarchiques avant qu'ils ne disparaissent !
Bises à tous !
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24.01.2012
Une deuxième question
On débat âprement du droit de vote des étrangers à l'échelon communal.
A défaut de vous faire part de mon avis (je suis pour pour pour ! Oups. ), je tenterai de reformuler les termes de la question.
La différene entre un étranger résidant et payant ses impôts en Suisse et un Suisse de souche réside dans l'enracinement (au sens large) du second à notre territoire, contrairement au premier qui est enraciné ailleurs. Or, je m'avance assez peu en affirmant que naître sur notre territoire relève d'un immense privilège à l'échelle du globe. Nous, Suisses de naissance, fils de suisses, avons - en principe - gagné le gros lot sans rien faire pour le mériter.
Les étrangers, eux, ne prennent pas de majuscule, ont souvent du payer très cher pour venir (et pas qu'en argent), ont du franchir mille obstacles pour rester, résister aux tentations, aux vexations, aux préjugés pour finalement s'intégrer à notre tissus socio-économique. Et lorsqu'ils résident chez nous depuis plusieurs années, voire plusieurs décennies, lorsqu'ils y travaillent honnêtement, y payent des impôts, il devient difficile de leur dénier un certain mérite.
Bien entendu, des exceptions existent dans chaque catégorie.
La question de fond est donc selon moi la suivante:
Le privilège du sol justifie-t-il per se les privilèges de voter, d'élir et d'être élu ?
Bises à tous !
Inspirations:
http://hehrsam.blog.tdg.ch/archive/2012/01/24/la-constituante-et-le-vote-des-etrangers.html
http://resistanceetouverture.blog.tdg.ch/archive/2012/01/24/une-petite-avancee-en-matiere-des-droits-politiques.html
20:18 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
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Prose d'un soir. Bonsoir !
Ah ces mélodies silencieuses...
que chantent nos espoirs...
que dansent nos nostalgies...
qu'écoutent nos démons...
un sourire aux lèvres.
Si seulement nous pouvions être – juste un peu – ce que nous aurions aimé être.
Plaider nos avenirs devant un juge débonnaire...
Entendre les étoiles nous dire que nous leur appartenons...
Et les croire !
Plutôt que de nous lester,
Plutôt que d'envier,
Plutôt que de payer,
Rêver éveillés, sans peur ni reproche d'une réalité moqueuse.
Respecter nos folies, nos humanités divines.
Les aimer tant que nous les devenons,
Les partager, les nourrir, les fusionner.
Et qu'au bout du chemin, elles redeviennent une.
09:37 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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18.01.2012
Les petits bravos du jour: Hildebrand
Hildebrand a commis la plus légère des erreurs. Le petit bravo du jour est un vrai (ah bon, pas le précédent ?). Philippe Hildebrand a commis l'erreur de se montrer moins complaisant dans l'audit bancaire que dans l'audit personnel. Qui ne l'est pas ?
Hormis cette bourde, la porte ouverte à tous les discours populistes, l'action d'Hildebrand s'inscrivait dans une logique pragmatique, mais volontaire. Je lis ici et là que Blocher voulait sa peau pour avoir mis des bâtons dans les roues des Banques, ces grand méchants Satans modernes (!). Instaurer des exigences renforcées en matière de fonds propres. L'un des leviers régulateurs les plus sains, et les mieux à même d'imprimer un mouvement durable et positif: diminuer la capacité des banques à prêter de l'argent qu'elles n'ont pas.
Papy B réalise au passage le tour de force de diriger l'indignation générale sur le méchant profiteur vénal qui ne flique pas assez son épouse non moins vénale. Un traître à la Patrie... Le Vieux en a fait un émincé à la zurichoise. Les affamés s'en sont repus, de gauche à droite. "Délit d'initié": sur une fraction infime de sa fortune. Il ne pouvait y avoir la moindre intention délictuelle. Il n'y a juste pas la moindre chance que le délit d'initié soit retenu.
Bilan: la BNS perd le meilleur directeur de banque centrale du monde.
On le rappellera à genoux dans... disons 3 ans, quand l'UDC aura gravé son second Conseiller fédéral dans la Constitution malgré nous ! ;) On parie ?
Bises à tous !
Source d'inspiration:
http://letemps.ch/Page/Uuid/d745a91e-3ad5-11e1-95b4-e56ae312dd72/Philipp_Hildebrand_d%C3%A9missionne_pour_garantir_la_cr%C3%A9dibilit%C3%A9_de_la_BNS
http://letemps.ch/Page/Uuid/25aa18ec-407b-11e1-8ee0-1b48e7e7a2e5/Pour_Philipp_Hildebrand
21:57 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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Une seule question.
J'observe autour de moi que la question de la légitimité à s'indigner se pose de plus en plus souvent.
On repprochera ainsi régulièrement à un privilégié de dénoncer des problèmes de société qui, de par son niveau social, ne le touchent pas - ou alors qu'indirectement. Ledit privilégié sera ainsi décrédibilisé par l'aposition de deux étiquettes fort peu reluisantes par les temps qui courent: bobo démago.
On lui dira que plutôt que de s'indigner, il ferait mieux de se montrer reconnaissant pour ce qu'il a; que d'autres n'ont pas. On lui dira de s'engager en politique, plutôt que d'exposer hors cadre son inquiétude. On lui dira que faute d'un tel engagement, il ferait mieux de se taire.
Existerait-il une obligation tacite, forte d'une certaine conception de la cohérence entre ce qu'on est et ce qu'on dit, de veiller à ajuster précisément ce qu'on dit sur ce qu'on est, ou alors de se taire ? Est-ce là une limite tacite de la liberté d'expression ?
En d'autres termes: est-il légitime de s'inquiéter pour ceux qui ne nous ressemblent pas ?
Bises à tous !
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12.01.2012
Réquisitoire contre moi-même, mais...
La pauvreté des autres nous accable, l’injustice dans le monde nous révolte et nous aimerions tous (j’espère) pouvoir y faire quelque chose.
Les plus courageux s’engagent dans des ONG, les plus contestataires manifestent dans les rues ou campent dans les parcs, les plus organisés s’engagent en politique, les plus couards (dont je suis) inondent des réseaux sociaux de billets indignés et voyant que tout ce beau monde ne parvient pas à grand-chose alors que « tout fout le camp », la majorité se résigne (les chiffres de l’abstention parlent d’eux-mêmes).
Toutefois, un point commun rassemble tout le monde: le besoin de désigner un responsable qui, de préférence, ne soit pas soi-même. Les ONG désignent les Etats, les manifestants accusent les patrons, les politiciens fustigent leurs adversaires politiques, les blogueurs accablent les résignés et les résignés s’en remettent au destin ou aux voies impénétrables du Seigneur, c’est selon.
Tout, mais surtout pas soi. Eh bien moi, je l’avoue ici, je suis coupable de la débâcle du monde. Je m’accuse et voici mon réquisitoire.
Je crains le réchauffement climatique, mais j’adore rouler sur ma moto en été et savoir que pour l’hiver, ma voiture m’abritera du froid. Je dénonce les salaires indécents des grands patrons, mais je persiste à jalouser leur richesse et à espérer secrètement faire fortune un jour sur un malentendu. Je m’offusque des conditions de travail en Chine, mais j’adore m’offrir les derniers gadgets électroniques fabriqués dans les usines Foxconn. Je dénigre l’oisiveté, mais j’aime prendre le temps de ne rien faire. Je conspue les dérives des marchés financiers, mais j’attends avec impatience que le cours de mes actions UBS remonte. Et je ne cite là que quelques exemples…
Voilà, c’est dit : je suis la démonstration vivante du « faites ce que je dis, pas ce que je fais ». S’il y en a qui se reconnaissent dans le portrait peu reluisant que je viens de dresser, qu’ils n’hésitent pas à m’en faire part, je me sentirai moins seul.
Toujours est-il qu’il m’est particulièrement pénible de m’avouer (et de vous avouer) que je fais davantage partie du problème que de la solution. Croyez-moi, j’essaie de changer (ceux qui me connaissent vous le confirmeront). Mais Dieu que c’est difficile…
J’essaie de relativiser mes travers en me disant que c’est la société, mon éducation, le hasard ou que sais-je encore qui sont responsables de ce que je suis devenu. La vérité, c’est que je suis le seul responsable de ma vie.
La vérité aussi, c’est que l’Autre, tous les autres, font partie de ma vie d’une manière ou une autre ; ils SONT ma vie. Ils font l’actualité qui me déprime au quotidien, préparent et servent les plats que je déguste au restaurant, créent les œuvres d’art que j’admire, entretiennent l’immeuble dans lequel je vis, fabriquent et me vendent les habits que je porte, se battent en vain sur les champs de bataille pour sauvegarder les intérêts financiers de ceux qui me vendent de l’essence, suscitent les émotions – agréables ou non - qui me font palpiter. La liste pourrait s’allonger à l’infini.
Je ne sais plus qui disait « l’Autre, c’est moi ». Mais il avait parfaitement raison ; raison pour laquelle, plutôt que de critiquer l’autre aujourd’hui, j’entreprends mon autocritique. Et quand bien même mes amis m’apprécient (je crois), mes confrères (ou une partie d’entre eux, au moins) me respectent, ma famille s’enorgueillit d’avoir produit un avocat, force est de reconnaître que je suis coupable.
Condamnez-moi !
Pour ma défense, je n’ai pas grand-chose à invoquer. Un seul argument, peut-être : la conscience de ma profonde et intolérable culpabilité m’empêche de condamner autrui sans avoir préalablement essayé de le comprendre. Et, toute fausse modestie mise à part, je dois dire que lorsqu’il s’agit de comprendre l’Autre, de ressentir ce qu’il ressent, je suis assez doué.
C’est ainsi qu’en dépit des innombrables chefs de culpabilité pouvant légitimement m’être imputés, je crois malgré tout avoir aidé pas mal de monde autour de moi à se sentir moins seul, par le seul fait d’avoir écouté, compris, partagé, mais surtout de n’avoir pas jugé. C’est du moins ce qu’on me dit.
J’ose ainsi espérer qu’en marge de mon inévitable condamnation, certains diront : «en me comprenant, il m’a aidé ».
Si le principe de ma culpabilité est acquis, je vous demande de tenir compte de cette circonstance atténuante dans la fixation de ma peine. Et s’il vous reste un peu de temps, je pousserai le vice jusqu’à vous enjoindre à dénicher en vous vos propres culpabilités et ce faisant, à comprendre un peu mieux les culpabilités des autres.
Peut-être qu’ainsi, tous coupables, nous finirons par nous résigner à essayer de nous comprendre plutôt que de nous affronter. Or, chacun le sait, c’est la compréhension qui, peut-être un jour, sauvera le monde. Enfin, il n'est pas certain que chacun le sache… Et vous, cléments lecteurs (pour autant qu'il y en ait) vous le saviez ?
Bise à tous !
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09.01.2012
Les petits bravos du jour: Blocher
Mon premier bravo va pour le bouc nain. Qui l'eut cru ?!
En tirant à l'arme lourde sur la tête de la BNS, le vieux Chris diffère le relèvement du plancher CHF / EUR à 1.30. L'exportation en souffre, l'emploi en souffre et la situation offre un argument électoral en or pour... l'UDC: lutter contre les manipulations de cours par les plus hautes autorités financières du pays. Une autoroute que bien des partisans d'extrême gauche seraient tentés d'emprunter. Et tant qu'on y est, ils pourraient aussi vouloir emprunter celle de l'élection du CF par le peuple. Une grande avancée pour la démocratie...
Bref, après la prétendue gabegie de l'UDC aux dernières élections fédérales, les têtes pensantes de l'UDC Zürichoise mettent sur pied un plan à long terme, bien populiste à souhait, à l'insu de leurs collègues plus modérés. Et vu la difficulté des autres partis à se mobiliser pour parer les assauts du populisme dans le paysage politique, le peuple risque bien d'être convaincu par le stratagème blochérien... une fois de plus.
Projetons-nous dans... disons 3 ans. Vue la débandade de la zone euro, l'euro-scepticisme remporte un succès croissant en Suisse. En raison de l'inértie entretenue par les magnigances UDC dans le pouvoir décisionnel de la BNS, on conserve un franc fort, pénalisant les industries exportatrices, mais permettant à celles qui le souhaitent de délocaliser à vil prix à l'étranger.
Les milliardaires qui financent l'UDC sont aux anges: ils délocalisent, augmentent leurs dividendes, tout en tapant sur l'Europe pour expliquer aux masses qu'elle est responsable de tous leurs maux. On connaît la suite. Le peuple vote l'élection du CF par le peuple (histoire de "renforcer" la démocratie), ce qu'il est parfaitement capable de faire lorsqu'on se retourne sur deux dernières votations fédérales qui ont... disons... défrayé la chronique et n'ont pas amélioré l'image de la Suisse dans le monde, du moins hors des cercles d'extrême droite. Et faut-il rappeler la force de frappe médiatique, publicitaire de l'UDC ?
Bref: 2015, 2 conseiller fédéraux UDC au pouvoir ad vitam aeternam, des très très riches encore nettement plus riches, un discours populiste bien rôdé pour convaincre les pauvres de continuer à se tirer des balles (à l'arme de service) dans le pied, une réputation en chute libre au delà de nos frontières... Voilà comment l'UDC pourrait réaliser sa quadrature du cercle en 3 ans.
Tout ça n'était heureusement qu'un cauchemarre... Mais un grand bravo au vieux Chris pour avoir réussi à me mettre une pétoche pareille !
Bises à tous,
K. Rappard.
Source d'inspiration:
http://letemps.ch/Page/Uuid/6db94476-3a33-11e1-a708-56fa3f0f2ead|0
08:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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08.01.2012
Qui suis-je ? Ou cours-je ? Dans quel état j'ère ?
Chers Tous !
Encore un nouveau blog politico-économico-phlosophique de commentaires de l'actualité sur le site de notre valeureuse TdG.
Pauvre d'elle, pauvre de vous.
Il sera à mon image: totalement partial, aussi engagé que possible, polémique et bienveillant... si possible. Il s'agira également d'un blog profane, basé uniquement sur mes petites expériences quotidiennes. Ici, pas de statistiques et peu de sources, juste le produit de ce que m'inspire le quotidien, jour après jour, semaines après semaines.
Attendez-vous à des digressions incessantes, des associations d'idées saugrenues, des solutions insensées et des propositions dans la mesure de mes moyens. C'est voulu. Je ne crée ce blog que pour confronter mon ressenti au vôtre, ma vision du monde à la vôtre. Donc quoi que mes bafouilles vous inspirent, lâchez-vous si vous avez deux minutes à perdre et un peu d'énergie critique à extérioriser.
Et si je vous tape sur le système, dites-le ! Et expliquez-moi pourquoi !
En un mot: un blog d'opinions de plus en ce bas monde.
A bientôt ! Bises à tous !
William K. Rappard
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